- Le Code criminel réserve aux provinces le jeu par ordinateur, donc le jeu en ligne.
- Au Québec, Loto-Québec le résume ainsi : « Si ce n'est pas Loto-Québec, c'est illégal. »
- Une licence de Kahnawake, de l'Ontario ou d'un pays étranger ne rend pas un site légal au Québec.
- L'autoexclusion de Loto-Québec ne s'applique pas aux autres sites.
- Sur un site non autorisé, aucun organisme québécois ne peut vous aider à récupérer vos gains.
Ce que dit la loi : un rôle réservé aux provinces
Au Canada, les jeux d'argent relèvent du Code criminel. L'article 206[1] interdit d'organiser, d'exploiter ou d'annoncer une loterie ou un jeu de hasard. L'article 207[2] prévoit l'exception principale : le gouvernement d'une province, seul ou avec d'autres provinces, « peut mettre sur pied et exploiter une loterie » dans la province. Les jeux exploités par ordinateur, dont le jeu en ligne, ne peuvent être offerts que par la province. Ce que la loi entend par jeu de hasard, et les types de jeux offerts au Québec, sont expliqués dans l'article sur les jeux de hasard et d'argent.
Au Québec, c'est Loto-Québec qui joue ce rôle pour le gouvernement. En décembre 2023, son porte-parole a déclaré à Radio-Canada : « Il n'y a pas de zone grise » (Les Décrypteurs, 15 décembre 2023[4]). Selon Loto-Québec, la publicité de ces sites n'est pas permise au Québec.
Selon Loto-Québec, son offre en ligne n'est accessible qu'à partir de 18 ans, depuis le Québec. L'âge minimal dépend du texte et du jeu : voir l'article sur l'âge légal pour jouer.
Et la personne qui joue?
Le Code criminel vise surtout les personnes et les entreprises qui exploitent ou annoncent un jeu non autorisé. Le paragraphe 206(4)[1] punit aussi l'achat d'un billet d'une loterie non autorisée, comme infraction de la catégorie la moins grave (procédure sommaire). Aucun des reportages cités ici ne fait état de poursuites contre des personnes qui jouent. Cette page donne de l'information générale, pas un avis juridique.
Pourquoi ces sites restent-ils accessibles?
1. Les exploitants sont surtout à l'étranger. Selon Radio-Canada (4 octobre 2022)[5], la plupart des sites sont établis hors du Canada, ce qui rend les poursuites difficiles.
2. Le Québec n'a pas le droit de les bloquer. En 2016, le gouvernement a modifié la Loi sur la protection du consommateur. Les fournisseurs d'accès Internet devaient bloquer les sites d'une liste établie par Loto-Québec. Cette mesure a été invalidée deux fois :
- le 18 juillet 2018, par la Cour supérieure du Québec (juge Pierre Nollet), qui a conclu que la loi empiétait sur des compétences fédérales et visait d'abord à bloquer le jeu en ligne privé (Radio-Canada[6]);
- le 5 mai 2021, par la Cour d'appel du Québec, qui a confirmé que les télécommunications, y compris en ligne, relèvent du gouvernement fédéral (McCarthy Tétrault, 25 juin 2021, en anglais[7]).
Le 7 mai 2025, le ministre des Finances, Eric Girard, disait que le gouvernement étudiait toujours comment légiférer sur les plateformes illégales : « L'absence de projet de loi montre qu'on n'a pas encore trouvé une voie solide » (Le Soleil, 7 mai 2025[8]).
Un site peut donc être accessible au Québec sans y être légal.
La Commission des jeux de Kahnawake : de quoi s'agit-il?
Beaucoup de sites affichent un permis délivré par la Commission des jeux de Kahnawake (Kahnawake Gaming Commission).
- La Commission délivre des permis pour le jeu sur le territoire mohawk de Kahnawake, et à partir de ce territoire, près de Montréal. Selon son site Web (en anglais, consulté le 24 octobre 2026), elle a adopté son règlement sur le jeu interactif le 8 juillet 1999, et les exploitants qu'elle autorise doivent être hébergés dans un centre de données situé sur le territoire.
- Elle délivre des licences de jeu en ligne depuis 1996 (Radio-Canada, 29 novembre 2022[13]).
- Selon un reportage de Radio-Canada (Espaces autochtones, 14 mars 2022), la communauté ne reconnaît pas la compétence de Loto-Québec sur son territoire. Le Code criminel, lui, ne permet qu'au gouvernement provincial d'autoriser les jeux d'argent.
Pour vous : une licence de Kahnawake ne fait pas d'un site un exploitant autorisé par le gouvernement du Québec. En cas de plainte, vous dépendez de cette commission, pas d'un organisme québécois.
L'Ontario : un autre modèle, qui ne s'applique pas au Québec
Depuis le 4 avril 2022, l'Ontario permet à des entreprises privées d'offrir des jeux en ligne. Elles s'inscrivent auprès de la Commission des alcools et des jeux de l'Ontario (CAJO) et signent une entente avec iGaming Ontario (CAJO, en anglais[14]). D'abord filiale de la CAJO, iGaming Ontario est un organisme provincial autonome depuis le 12 mai 2025 (Gowling WLG, 21 juillet 2025, en anglais[15]).
Selon la foire aux questions d'iGaming Ontario (en anglais, consultée le 24 octobre 2026), il faut avoir 19 ans ou plus et se trouver physiquement en Ontario pour miser. Hors de l'Ontario, on peut consulter un compte, mais pas parier.
Un site autorisé en Ontario n'est donc pas autorisé au Québec. Depuis Gatineau ou Montréal, ce site ne peut pas légalement accepter vos mises.
Site autorisé au Québec ou site non autorisé : le tableau
| Point à comparer | Site autorisé au Québec (Loto-Québec) | Site non autorisé |
|---|---|---|
| Base légale | Article 207 du Code criminel : exploité pour le gouvernement du Québec | Aucune autorisation du gouvernement du Québec |
| Âge minimum | 18 ans | Dépend du site; vérification de l'âge non contrôlée au Québec |
| Autoexclusion | Programme de Loto-Québec : compte en ligne bloqué pendant toute la durée choisie | Non couvert par l'autoexclusion de Loto-Québec |
| Litige ou gain non payé | Exploitant établi au Québec, soumis aux lois du Québec | Entreprise souvent établie à l'étranger; recours long et incertain |
| Publicité au Québec | Encadrée : normes de la RACJ pour les casinos d'État (art. 20.2 de la loi L-6) | Non permise, selon Loto-Québec |
| Licence affichée | Aucune licence étrangère nécessaire | Parfois Kahnawake, l'Ontario ou un pays étranger : sans effet au Québec |
| Données personnelles | Société d'État québécoise | Pièce d'identité et données bancaires confiées à une entreprise souvent difficile à joindre |
Ce tableau compare un cadre légal, pas des jeux. Même sur un site légal, on perd en moyenne plus qu'on gagne.
Les risques concrets d'un site non autorisé
Des gains difficiles à récupérer
Radio-Canada a rapporté en 2022 le cas d'une personne qui a récupéré 75 000 $ de gains sur un site non autorisé seulement après de longues démarches (Radio-Canada, 4 octobre 2022[5]). Sans organisme québécois à qui vous plaindre, vous dépendez de l'entreprise ou d'une autorité étrangère.
Une analyse publiée le 10 mars 2025 a lu les conditions d'utilisation d'un casino en ligne non autorisé. On pouvait y déposer 100 000 $ US par jour, mais retirer seulement 14 000 $ US par semaine (François Charron[18]).
Une autoexclusion qui ne vous suit pas
L'autoexclusion de Loto-Québec dure de 3 mois à 5 ans. Elle vise ses casinos, ses salons de jeux et votre compte en ligne chez Loto-Québec, qui est bloqué pendant toute la durée choisie (Loto-Québec, autoexclusion[19]). Elle ne vise aucun autre site. Une personne exclue peut donc ouvrir un compte ailleurs en quelques minutes. Les étapes de la démarche et ses limites sont détaillées dans l'article sur l'autoexclusion.
Des outils de protection sans contrôle
Limites de dépôt, rappels de temps, pauses : sur un site non autorisé, aucun organisme québécois ne vérifie ces outils. Les règles qui encadrent le jeu au Québec, dont celles que fait appliquer la Régie des alcools, des courses et des jeux (voir l'article sur la RACJ), ne s'appliquent pas à ces entreprises.
Aucun système de mise ne protège de la perte, sur un site légal ou non : voir l'article sur la martingale.
Publicités, faux sites et influenceurs
- Des médias locaux : en décembre 2023, Les Décrypteurs de Radio-Canada ont relevé des articles menant vers des casinos non autorisés sur les sites d'une dizaine de médias québécois. La plupart n'étaient pas identifiés comme de la publicité, et certains affirmaient à tort que ces sites étaient légaux (Radio-Canada, 15 décembre 2023[4]).
- Des influenceuses et des influenceurs : en mars 2023, La Presse a publié une enquête intitulée « Un casino illégal mise sur des influenceurs d'ici » (La Presse, 7 mars 2023[17]).
- De fausses publicités au nom de Loto-Québec : en mars 2025, des annonces sur Facebook utilisaient le nom, le logo et l'image des salons de jeux de Loto-Québec pour mener vers un casino en ligne non autorisé, en faisant croire à une application officielle (François Charron, 10 mars 2025).
Une publicité, une vidéo ou un lien d'influenceur ne prouve rien sur la légalité d'un site. Un bonus élevé (par exemple « 300 % ») sert à attirer de nouveaux clients. Il est souvent assorti de conditions de retrait. Pour reconnaître les fraudes elles-mêmes (faux sites, retraits bloqués, fausse récupération de fonds) et savoir quoi faire après, voyez l'article sur les arnaques au casino en ligne. Les mots de ces offres (exigence de mise, tours gratuits, pari gratuit) sont décodés dans notre lexique du jeu d'argent.
Comment savoir si un site est illégal : 5 vérifications
- Qui exploite le site? Au Québec, seul Loto-Québec est autorisé. Toute autre entreprise, même canadienne, ne l'est pas.
- D'où vient le lien? Une publicité, un courriel ou un lien partagé sur les réseaux sociaux ne prouve rien. En cas de doute, ne cliquez pas.
- Quelle licence est affichée? Une licence de Kahnawake, de l'Ontario ou d'un pays étranger ne vaut pas autorisation au Québec.
- Que disent les conditions de retrait? Limites par semaine, délais, frais, documents exigés : ces règles décident si vous pourrez récupérer votre argent.
- Le site imite-t-il Loto-Québec? Logo copié, nom proche, fausse application : ne vous inscrivez pas et ne donnez aucune information.
Le débat politique : où en est-on?
En mai 2025, le président-directeur général de Loto-Québec, Jean-François Bergeron, s'opposait à l'ouverture du marché aux entreprises privées, comme l'a fait l'Ontario (Le Soleil, 7 mai 2025[8]). Pendant la campagne électorale de 2026, le Parti libéral du Québec a proposé un modèle de licences inspiré de l'Ontario (Radio-Canada, 14 septembre 2026[9]).
Le Parti québécois a remporté l'élection du 5 octobre 2026 et forme un gouvernement minoritaire (Narcity, 5 octobre 2026[10]). À notre connaissance, le nouveau gouvernement n'a fait aucune annonce sur le jeu en ligne au 24 octobre 2026.
Aucune loi n'a changé : le Code criminel[2], à jour au 30 septembre 2026, réserve toujours ce rôle aux provinces, et au Québec, seul Loto-Québec est autorisé. Cette page sera mise à jour si les règles changent.
Un site légal vous donne des recours. Il ne vous protège pas des pertes.
Besoin d'aide?
Le jeu en ligne prend trop de place dans votre vie, ou dans celle d'un proche? Ces services sont gratuits et confidentiels.
- Jeu : aide et référence : 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24 (514 527-0140 à Montréal et environs).
- Info-Social 811 : service de consultation psychosociale, 24 h sur 24.
- 9-8-8 : vous êtes en détresse ou vous pensez au suicide? Le service répond par appel ou texto, 24 h sur 24.
Vos questions
Qui a le droit d'offrir du jeu en ligne au Québec?
Seulement Loto-Québec, qui exploite le jeu en ligne pour le gouvernement du Québec en vertu de l'article 207 du Code criminel. Tous les autres sites de casino ou de paris en ligne sont non autorisés au Québec.
Un site avec une licence de Kahnawake est-il légal au Québec?
Non, selon Loto-Québec. La communauté de Kahnawake conteste la compétence de Loto-Québec sur son territoire, mais une licence de sa commission ne fait pas d'un site un exploitant autorisé par le gouvernement du Québec.
Un site autorisé en Ontario est-il légal au Québec?
Non. iGaming Ontario exige que la personne se trouve physiquement en Ontario pour miser. Depuis le Québec, on peut consulter un compte, mais pas parier.
Sources
- Gouvernement du Canada, Code criminel, article 206 (consulté le 24 octobre 2026) : https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/c-46/section-206.html
- Gouvernement du Canada, Code criminel, article 207 (loi à jour au 30 septembre 2026, consulté le 24 octobre 2026) : https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/c-46/section-207.html
- LégisQuébec, Loi sur les loteries et les appareils d'amusement (L-6), article 20.2 (consulté le 24 octobre 2026) : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/L-6
- Radio-Canada, Les Décrypteurs, « Une dizaine de médias québécois ont fait la promotion de casinos en ligne illégaux » (15 décembre 2023) : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2035240/backlinking-publicites-articles-casinos-illegaux-patrick-white-hebdos-journaux-quebec
- Radio-Canada, « Les jeux de hasard et d'argent en ligne : risqués et illégaux » (4 octobre 2022) : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1921558/jeux-hasard-argent-ligne-illegaux
- Radio-Canada, « Québec ne peut bloquer l'accès aux sites privés de jeu en ligne, dit la Cour » (24 juillet 2018) : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1114476/quebec-loi-jeu-ligne-internet-inconstitutionnel-prive-cour-superieure-crtc-competence
- McCarthy Tétrault, commentaire de l'arrêt 2021 QCCA 730 (25 juin 2021, en anglais) : https://mccarthy.ca/en/insights/blogs/techlex/province-cannot-compel-internet-service-providers-block-access-websites-online-communications-fall-under-exclusive-federal-jurisdiction
- Le Soleil, « Loto-Québec veut offrir des gains plus gros » (7 mai 2025) : https://www.lesoleil.com/affaires/2025/05/07/loto-quebec-veut-offrir-des-gains-plus-gros-6ZCNXPJZWJFRDLMKHL6MZ5SKM4/
- Radio-Canada, « La vérif : le cadre financier du PLQ passé au crible » (14 septembre 2026) : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2283353/verif-finance-plq-liberal-quebec-elections
- Narcity, « Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon remporte les élections provinciales 2026 » (5 octobre 2026) : https://www.narcity.com/fr/elections-2026-pq-pspp-2026
- Commission des jeux de Kahnawake, page « Interactive Gaming » de son site Web (en anglais, consultée le 24 octobre 2026), citée sans lien.
- Radio-Canada, Espaces autochtones, reportage sur le jeu à Kahnawake (14 mars 2022).
- Radio-Canada, reportage sur le jeu en ligne à Kahnawake (29 novembre 2022) : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1936830/autochtone-jeu-ligne-kahnawake
- CAJO (AGCO), feuille de route du marché ontarien du jeu en ligne (en anglais) : https://www.agco.ca/roadmap-launch-new-competitive-and-regulated-igaming-market-ontario
- Gowling WLG, bilan juridique de mi-année du secteur du jeu en Ontario (21 juillet 2025, en anglais) : https://gowlingwlg.com/en/insights-resources/articles/2025/mid-year-legal-update-ontario-gaming-sector
- iGaming Ontario, foire aux questions des joueurs (en anglais, consultée le 24 octobre 2026), citée sans lien.
- La Presse, « Un casino illégal mise sur des influenceurs d'ici » (7 mars 2023) : https://www.lapresse.ca/actualites/2023-03-07/un-casino-illegal-mise-sur-des-influenceurs-d-ici.php
- François Charron et Vincent Paquette, article sur de fausses publicités utilisant l'image de Loto-Québec (10 mars 2025) : https://francoischarron.com/securite/fraude-et-arnaques-web/ce-casino-en-ligne-ultra-populaire-utilise-frauduleusement-limage-de-loto-quebec/f17x9cUEGq/
- Loto-Québec, page « Autoexclusion » (consultée le 24 octobre 2026) : https://bienjouer.lotoquebec.com/fr/autoexclusion/etablissement/
- Loto-Québec, foire aux questions de son offre de jeux en ligne (18 ans et plus, au Québec), consultée le 23 octobre 2026, citée sans lien.
- Jeu : aide et référence : https://www.aidejeu.ca/
- Québec.ca, Info-Social 811 : https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811
- 9-8-8, ligne d'aide en cas de crise de suicide : https://988.ca/fr

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