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Test de jeu excessif : mon rapport au jeu est-il à risque?

Vous vous demandez si votre jeu devient un problème? Ce test de jeu excessif, conçu par la rédaction, compte 12 questions fermées (oui ou non), qui portent sur l'année écoulée. Il ne calcule aucun score et ne pose aucun diagnostic : il vous aide à repérer ce qui a changé et à choisir une prochaine étape. Un seul « oui » suffit pour en parler à une personne intervenante de Jeu : aide et référence, au 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24. Vos réponses ne sont ni enregistrées ni envoyées.

Mis à jour le

Boussole posée sur une carte ancienne aux tons jaunis, vue du dessus
Crédit : Himesh Kumar Behera (CC0). Source : Wikimedia Commons; image recadrée.
À savoir
  • Ce questionnaire a été écrit par la rédaction. Il n'est pas validé scientifiquement et ne remplace pas une évaluation par une personne professionnelle.
  • Il ne reprend aucune question d'un test existant. Les outils validés sont présentés plus bas, avec un lien.
  • Selon Statistique Canada[1], 1,9 % des Québécoises et des Québécois qui jouent, âgés d'au moins 15 ans, avaient en 2018 un risque modéré ou élevé (estimation à utiliser avec prudence).
  • Vous êtes en détresse en ce moment? Le 9-8-8 répond par appel ou texto, 24 h sur 24.

Avant de commencer

Quelques consignes rendent les réponses plus utiles.

  • La période : pensez aux 12 derniers mois, pas à toute votre vie.
  • Les jeux visés : tous les jeux de hasard et d'argent, en ligne ou non. Loteries et billets instantanés, bingo, appareils de loterie vidéo, casino, poker, paris sportifs.
  • La réponse : répondez « oui » si la situation s'est produite au moins une fois de façon claire. En cas d'hésitation, choisissez la réponse la plus proche de ce que vous vivez.
  • La confidentialité : rien n'est conservé. Vous pouvez aussi faire le questionnaire sur papier, à partir de la liste ci-dessous.

Ce questionnaire parle de vous. Si votre inquiétude porte sur une autre personne, passez directement à la section Vous vous inquiétez pour une personne proche?.

Le test en 12 questions

Sous chaque question, une courte piste de lecture explique ce qu'elle cherche à repérer, et pourquoi.

  1. Pendant une même séance, avez-vous ajouté de l'argent après avoir épuisé la somme que vous aviez prévue au départ (retrait au guichet, nouveau dépôt en ligne, autre billet acheté)? Pourquoi cette question : le budget fixé avant de jouer est la première protection. Le dépasser en cours de route montre que la décision se prend dans l'action, et non plus à froid.

  2. Seriez-vous incapable de dire, à 100 $ près, combien le jeu vous a coûté le mois dernier? Pourquoi cette question : quand on ne compte plus, on ne voit plus la perte réelle. On garde souvent en mémoire les gains, rarement la somme des mises.

  3. Une facture, un loyer, une épicerie ou un achat prévu a-t-il été repoussé parce que l'argent était passé au jeu? Pourquoi cette question : elle marque le moment où le jeu ne sort plus de l'argent des loisirs, mais de celui des besoins de base.

  4. Vous êtes-vous dit qu'un seul bon gain effacerait vos pertes, et avez-vous rejoué dans ce but? Pourquoi cette question : chaque mise a les mêmes chances que la précédente. Jouer pour « récupérer » ajoute en moyenne une perte à la première. Les biais de raisonnement au jeu expliquent ce mécanisme.

  5. Le jeu a-t-il empiété sur votre sommeil, vos repas en famille ou une activité que vous aimiez? Pourquoi cette question : le temps donné au jeu se prend toujours ailleurs. Ce qui disparaît en premier est souvent ce qui faisait du bien.

  6. En dehors des moments de jeu, vous surprenez-vous à planifier la prochaine séance ou à rejouer des parties dans votre tête? Pourquoi cette question : elle montre si le jeu occupe vos pensées même quand vous faites autre chose.

  7. Vous étiez-vous fixé une règle (un montant, un jour, une heure de fin) que vous avez ensuite contournée plus d'une fois? Pourquoi cette question : une règle oubliée une fois arrive à tout le monde. Une règle contournée à répétition montre que la volonté seule ne suffit plus.

  8. Avez-vous effacé un historique, caché un relevé ou inventé une explication pour qu'on ne voie pas ce que vous jouiez? Pourquoi cette question : le besoin de cacher indique souvent que vous sentez vous-même un malaise. Ce sentiment est un signal utile, pas une faute.

  9. Jouez-vous davantage les jours où vous vous sentez seul ou seule, stressé ou stressée, ou triste? Pourquoi cette question : quand le jeu devient une façon de changer d'humeur, il prend la place d'autres moyens de se réconforter, et il est plus difficile à limiter.

  10. Après avoir joué, ressentez-vous plus souvent du malaise, de l'irritation ou du découragement que du plaisir? Pourquoi cette question : un loisir laisse en général une bonne impression. Quand le malaise domine, le plaisir n'est plus la raison principale de jouer.

  11. Avez-vous utilisé une avance de fonds sur carte de crédit, une marge de crédit ou un prêt d'une personne proche pour jouer, ou pour combler un trou laissé par le jeu? Pourquoi cette question : l'argent emprunté transforme une perte de jeu en dette, avec des intérêts. Il existe des solutions pour régler ses dettes de jeu.

  12. Quelqu'un autour de vous a-t-il changé d'attitude à cause de votre jeu : inquiétude, reproches, méfiance au sujet de l'argent? Pourquoi cette question : l'entourage remarque parfois les effets du jeu avant la personne qui joue. Sa réaction est une information, même si elle vous paraît exagérée.

Lire vos réponses

Aucun calcul à faire. Un « oui » à la question 2 ne pèse ni plus ni moins qu'un « oui » à la question 9 : chacun est un repère, pas un point. Le questionnaire distingue seulement deux situations.

Si vous avez réponduLectureUne première étape
Aucun « oui »Aucun des repères de ce questionnaire n'apparaît dans l'année écoulée. Ce constat vaut pour le passé, pas pour la suite.Si vous jouez, décidez à l'avance d'un montant et d'une durée. Refaites le questionnaire si votre façon de jouer change.
Au moins un « oui »Vous avez coché au moins une situation. Elle ne dit pas que vous avez un trouble, mais elle mérite qu'on s'y arrête.Parlez-en à une personne intervenante de Jeu : aide et référence (1 800 461-0140), ou choisissez une piste dans le tableau « Et maintenant? ».

Les questions 3 et 11 touchent déjà votre budget : une facture repoussée ou de l'argent emprunté. Si vous avez répondu oui à l'une ou l'autre, c'est une bonne raison d'appeler sans attendre d'autres signes.

Un « non » partout ne vous oblige pas à garder vos doutes pour vous. Un doute qui reste après le questionnaire suffit pour téléphoner : inutile d'avoir la certitude d'un problème pour joindre une ligne d'écoute.

Un repère de plus : les trois limites du CCDUS

Le CCDUS (Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances) a diffusé en 2021 des lignes directrices sur le jeu à moindre risque[2]. Elles fixent trois limites, à respecter ensemble. Posez-vous ces trois questions :

  • Dépensez-vous au jeu plus de 1 % du revenu de votre ménage avant impôts? Pour un revenu de 55 000 $, cela fait 550 $ par année, soit environ 46 $ par mois (550 ÷ 12).
  • Jouez-vous plus de 4 jours par mois, soit plus d'une fois par semaine environ?
  • Jouez-vous régulièrement à plus de 2 formes de jeu?

Le CCDUS conseille des limites plus basses, ou de ne pas jouer, à certaines personnes, par exemple en cas d'anxiété, de dépression ou d'antécédents de problèmes de jeu. Le calcul pour votre revenu et un budget pas à pas se trouvent dans notre guide pour établir un budget de jeu. Le CCDUS signale aussi que les jeux rapides, comme les appareils de loterie vidéo ou de nombreux jeux en ligne, peuvent faire grimper la dépense en peu de temps.

Et maintenant? Selon ce que vous voulez faire

Après le questionnaire, une autre question aide à avancer : « qu'est-ce que je veux changer? » Choisissez la ligne qui vous ressemble. Vous pouvez en combiner plusieurs.

Vous voulez…Gestes concretsOù aller
Y voir plus clairNotez pendant deux semaines chaque mise, chaque gain, la durée et votre humeur avant de jouer. Comparez avec les trois limites du CCDUS.Outil interactif d'évaluation du risque[3] du CCDUS
RéduireFixez un montant par mois et gardez-le en argent comptant ou sur une carte prépayée. Laissez vos cartes à la maison. Désinstallez les applications de jeu de votre cellulaire.Jeu : aide et référence, pour bâtir un plan avec une personne intervenante
ArrêterDemandez l'autoexclusion des casinos, des salons de jeux et du jeu en ligne de Loto-Québec. Installez un logiciel de blocage sur vos appareils.Autoexclusion (démarche détaillée sous le tableau)
En parlerAppelez ou clavardez, même sans savoir quoi dire. Confiez-vous à une personne de confiance.Jeu : aide et référence, aidejeu.ca[10]; ressources de la section « Besoin d'aide? »
Régler l'argentArrêtez d'emprunter pour jouer. Dressez la liste de ce que vous devez. Prenez un rendez-vous gratuit avec une ACEF (association coopérative d'économie familiale).Page sur les dettes de jeu, liée à la question 11

La démarche pour arrêter est détaillée dans la page sur l'autoexclusion au Québec.

Jeu : aide et référence propose des pistes du même ordre dans un article publié le 28 août 2025[6]. Il conseille de limiter l'accès aux lieux et aux sites de jeu, de limiter l'accès à l'argent et de préparer une liste d'activités de rechange pour les moments d'envie. Il recommande de commencer par un ou deux gestes réalistes, plutôt que de tout changer d'un coup.

Les moments où l'envie revient

Les envies de jouer arrivent souvent dans les mêmes circonstances : un jour de paie, une fin de semaine en solitaire, une dispute, une publicité. Repérer vos moments à risque permet de prévoir quoi faire à la place. Un carnet suffit : la date, l'heure, ce qui s'est passé juste avant, ce que vous avez fait. Après quelques semaines, des régularités apparaissent, et un plan devient possible.

Vous vous inquiétez pour une personne proche?

Le questionnaire ci-dessus ne s'applique pas à une autre personne : vous ne pouvez pas répondre à sa place. Voici plutôt six questions sur ce que vous observez et sur ce que vous vivez, vous, dans les 12 derniers mois.

  1. Des sommes d'argent ont-elles disparu du compte commun, ou des achats prévus ont-ils été reportés, sans explication claire?
  2. La personne vous a-t-elle demandé de l'argent en restant vague sur la raison, ou en promettant de rembourser vite?
  3. Ses humeurs semblent-elles suivre ses résultats au jeu : euphorique certains jours, fermée ou irritable d'autres jours?
  4. Avez-vous déjà vérifié son cellulaire, ses relevés ou ses sorties pour savoir où passait l'argent?
  5. Avez-vous déjà payé une dépense ou une dette à sa place pour éviter une crise?
  6. Évitez-vous d'aborder le sujet par peur de sa réaction ou d'une dispute?

Les trois premières questions portent sur la personne qui joue. Les trois dernières portent sur vous : elles montrent comment la situation pèse déjà sur votre quotidien. Un « oui » à l'une de ces questions ne prouve rien sur la personne, mais il justifie de demander du soutien pour vous. Jeu : aide et référence répond aussi à l'entourage, 24 h sur 24. Pour savoir comment amorcer la conversation et protéger l'argent du ménage, lisez comment amorcer la conversation avec la personne.

Les questionnaires validés qui existent

Notre questionnaire donne des repères. D'autres outils ont été testés par des équipes de recherche. Nous ne reproduisons pas leurs questions : voici à quoi ils servent et où les trouver.

OutilQui le publieFormatCe qu'il donne
ICJE (Indice canadien du jeu excessif)Conçu par Ferris et Wynne (2001) pour le CCDUS, qui portait alors un autre nom9 questions sur 12 moisUn score de 0 à 27, classé en quatre catégories de risque. Il sert aux enquêtes de Statistique Canada[1].
Questionnaire d'autoévaluationJeu : aide et référence, sur aidejeu.ca[5]16 questionsUn résultat en ligne. C'est le South Oaks Gambling Screen (SOGS, questionnaire de dépistage de South Oaks) de Lesieur et Blume, en français. Le site précise qu'il ne remplace pas un diagnostic.
Outil interactif d'évaluation du risqueCCDUS, sur gamblingguidelines.ca[3]Questions sur la dépense, la fréquence et le nombre de jeuxUne comparaison de vos habitudes avec les trois limites de 2021.

Aucun de ces outils, ni le nôtre, ne pose de diagnostic. Le trouble lié à la pratique des jeux de hasard et d'argent se diagnostique en consultation, avec une personne professionnelle de la santé.

Besoin d'aide?

Ces services sont gratuits et confidentiels.

  • Jeu : aide et référence : 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24 (514 527-0140 à Montréal et environs). Clavardage sur aidejeu.ca[10].
  • Info-Social 811 : service de consultation psychosociale, 24 h sur 24.
  • 9-8-8 : vous êtes en détresse ou vous pensez au suicide? Le service répond par appel ou texto, 24 h sur 24.

Vos questions

Un test en ligne peut-il dire si je suis « accro » au jeu?

Non. Un questionnaire repère des signes; il ne dit pas si une personne a un trouble. Seule une personne professionnelle de la santé peut poser un diagnostic, en tenant compte de votre situation complète. Si vous vous demandez « suis-je accro au jeu? », le plus simple est d'en parler à une personne intervenante, sans attendre une certitude.

Pourquoi ce questionnaire ne donne-t-il pas de score?

Parce qu'aucune équipe de recherche ne l'a éprouvé. Une note donnerait une fausse impression d'exactitude. Pour un score reconnu, utilisez un des outils validés présentés dans le tableau ci-dessus.

Est-ce que le site garde mes réponses?

Non. Le questionnaire fonctionne dans votre navigateur : aucune réponse ne part vers un serveur, et aucune adresse courriel n'est demandée. Vous pouvez refaire le questionnaire aussi souvent que vous le voulez.

Je ne joue qu'à la loterie. Ce test me concerne-t-il?

Oui, s'il vous arrive de vous poser la question. Les repères s'intéressent aux effets du jeu (argent, temps, humeur, relations), pas au type de jeu.

Sources

  1. Statistique Canada, Rotermann et Gilmour, « Qui joue à des jeux de hasard et qui éprouve des problèmes de jeu au Canada », Regards sur la société canadienne (9 août 2022) : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2022001/article/00006-fra.htm
  2. CCDUS, Lignes directrices sur les habitudes de jeu à moindre risque (2021) : https://www.gamblingguidelines.ca/fr/quelles-sont-les-lignes-directrices/
  3. CCDUS, Outil interactif d'évaluation du risque : https://gamblingguidelines.ca/fr/outil-evaluation-du-risque/
  4. Ferris, J. et Wynne, H. (2001), rapport final de l'ICJE, rédigé en anglais pour l'organisme devenu le CCDUS
  5. Jeu : aide et référence, questionnaire d'autoévaluation : https://aidejeu.ca/comprendre-le-jeu-excessif/questionnaire-dauto-evaluation/
  6. Jeu : aide et référence, « Réduire les impacts du jeu : des gestes concrets pour reprendre le contrôle » (28 août 2025) : https://aidejeu.ca/articles/reduire-les-impacts-du-jeu-des-gestes-concrets-pour-reprendre-le-controle/
  7. Québec.ca, « Alcool, drogues et jeu » : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/alcool-drogues-jeu
  8. Québec.ca, Info-Social 811 : https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811
  9. 9-8-8, ligne d'aide en cas de crise de suicide : https://988.ca/fr
  10. aidejeu.ca : https://www.aidejeu.ca/

Vous ou un proche jouez trop?

Des services gratuits et confidentiels, pour les personnes qui jouent comme pour leur entourage.

Appeler 1 800 461-0140

Jeu : aide et référence, 24 h sur 24. Montréal et environs : 514 527-0140

Écrire Clavardage

Avec une personne intervenante de Jeu : aide et référence.

Se protéger Autoexclusion

Bloquer son accès aux casinos, aux salons de jeux et au jeu en ligne de Loto-Québec, de 3 mois à 5 ans.