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Besoin d'aide? Jeu : aide et référence, 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24

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Aider un proche qui joue trop : quoi dire, quoi éviter, comment vous protéger

Pour aider un proche qui joue trop, vous ne pouvez pas arrêter le jeu à sa place, mais vous pouvez l'aider à voir ce qui se passe, protéger l'argent du ménage et ne pas vous épuiser. Trois gestes comptent : parler de vos émotions plutôt que de reprocher, ne pas payer les dettes de jeu, et demander du soutien pour vous. Le service Jeu : aide et référence répond aussi à l'entourage, au 1 800 461-0140, 24 h sur 24.

Mis à jour le

Deux personnes tiennent chacune une tasse sur une table de marbre blanc, vue du dessus, sans visage
Crédit : rawpixel (CC0). Source : Wikimedia Commons; image recadrée.
À savoir
  • Votre propre inquiétude suffit pour appeler, même si votre proche refuse toute aide, selon Jeu : aide et référence[1].
  • Un service de soutien à l'entourage existe : rencontres par téléphone ou en visioconférence, gratuites, pour les proches de 18 ans et plus.
  • Ne remboursez pas les dettes de jeu : cela revient à financer le jeu et à prolonger le problème, selon Jeu : aide et référence.
  • Si vous craignez pour votre sécurité, elle passe avant tout le reste. Voir la section sur la sécurité plus bas.

Aider un proche qui joue : par où commencer?

Avant de parler à votre proche, faites trois choses.

  1. Faites le point sur ce que vous voyez. Mensonges, dettes cachées, rendez-vous manqués, argent qui disparaît : notez des faits précis. Ils vous serviront pour parler sans accuser.2. Confiez-vous à une personne fiable. Une personne de la famille, un ami ou une amie proche, votre médecin de famille. Jeu : aide et référence note que la honte pousse souvent à cacher la situation, surtout chez les conjoints, et qu'il vaut mieux ne pas garder ses inquiétudes pour soi.
  2. Appelez un service pour l'entourage avant la grande discussion. Une personne intervenante peut vous aider à préparer ce que vous direz et à choisir le bon moment.

Quoi dire, quoi éviter

Selon Jeu : aide et référence, la façon de parler compte plus que le contenu. L'organisme conseille d'exprimer vos propres émotions (déception, inquiétude, peine) devant des faits concrets, en parlant à la première personne, sans accuser. La personne peut alors faire elle-même le lien avec le jeu. Les reproches au « tu », les sermons et le jugement la poussent plutôt à se fermer ou à riposter.

Le tableau donne des exemples de phrases. Ils appliquent ces conseils, mais ils ne sont pas tirés d'un texte officiel.

SituationÀ éviterÀ essayer
Vous découvrez un retrait inexpliqué« Tu as encore joué, tu mens tout le temps! »« J'ai vu un retrait de 400 $ et ça m'inquiète. J'aimerais qu'on en parle. »
Un rendez-vous ou un repas en famille est manqué« Tu t'en fiches de nous. »« Hier soir, ta place était vide à table. Tu me manques. »
La personne nie le problème« Admets-le, tu as un problème. »« Je n'ai pas à décider ce qui est un problème pour toi. Je te dis ce que je vis, moi. »
La personne se montre ouverte« Voici ce que tu dois faire. »« Qu'est-ce que tu aimerais essayer? Comment puis-je t'aider? »
Un petit pas est fait (appel, réduction du jeu)« C'est le minimum. »« Je sais que ce n'était pas facile. Merci de l'avoir fait. »
Un retour au jeu survient« C'est fini, je n'y crois plus. »« Ça me déçoit. Qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce qui pourrait t'aider la prochaine fois? »

Jeu : aide et référence conseille aussi :

  • de ne pas forcer la personne à admettre son problème si elle n'est pas prête;
  • de reconnaître chaque effort, même petit : demander de l'aide, réduire le jeu, venir à un rendez-vous;
  • de s'attendre à des revers. Un écart bref ne veut pas dire que tout est perdu. Il peut servir à comprendre ce qui l'a déclenché. La confiance, elle, se rebâtit lentement.

Choisir le moment

Un repère de bon sens, qui ne vient pas d'une source officielle : choisissez un moment calme, sans écran, plutôt qu'une discussion lancée en pleine crise ou devant les enfants.

Protéger l'argent du ménage

Jeu : aide et référence propose des mesures de protection financière pour l'entourage d'une personne qui joue. Elles servent à limiter les dégâts.

  • Suivez de près les dépenses et les dettes, les vôtres comme celles du ménage.
  • Protégez vos avoirs. Exemples cités : ouvrir un compte à votre nom seul, revoir l'hypothèque ou réorganiser d'autres actifs pour que la personne qui joue n'y ait pas accès. Une conseillère ou un conseiller financier peut vous aider.
  • Fixez des limites. Par exemple, retirer les cartes de crédit de la personne qui joue ou lui verser une somme quotidienne, le temps que la situation s'améliore.
  • Évitez d'éponger ses dettes de jeu. Selon l'organisme, payer à sa place finance en pratique le jeu et prolonge le problème, tant que la personne n'a pas repris le contrôle.

Les règles sur les dettes du couple varient selon le statut : selon Éducaloi[8], les époux sont responsables ensemble des dettes du ménage contractées pendant le mariage pour les dépenses courantes de la famille, alors que des conjoints de fait restent responsables des dettes à leur seul nom. Éducaloi ne traite pas à part les dettes de jeu, et ces informations ne sont pas un avis juridique : pour votre cas, consultez une avocate, un avocat ou un notaire. Le reste, dont les dettes déjà contractées, les comptes, la résidence familiale et la séparation, est traité dans la page pour protéger votre argent et vos droits.

Les associations coopératives d'économie familiale (ACEF) offrent une consultation budgétaire gratuite[11], sans critère de revenu. Vous pouvez y aller sans votre proche pour faire le point sur le budget du ménage.

Votre situation : conjoint, adolescent ou parent

Chaque lien familial pose des questions différentes. Les services, eux, sont souvent les mêmes.

Votre conjoint ou votre conjointe joue

  • C'est souvent la situation où la honte et le secret pèsent le plus. Parler à une personne de confiance est la première étape.
  • Protégez l'argent du ménage (section précédente) avant de provoquer la grande discussion, si vous craignez que les comptes soient vidés.
  • Si vous avez des enfants, ils ressentent ce qui se passe. Jeu : aide et référence recommande de les informer selon leur âge. Dites-leur que ce n'est pas leur faute et qu'il ne leur revient pas de régler le problème. Dites-leur aussi que l'amour demeure même quand on refuse un comportement, et que de l'aide existe pour le parent qui joue. Selon l'organisme, ces enfants ont un risque accru de développer eux-mêmes un problème, mais le soutien d'adultes bienveillants améliore nettement leurs chances de bien grandir.
  • Tel-jeunes Parents (ancienne Ligne Parents, 1 800 361-5085) répond aux parents d'adolescents, de 8 h à minuit, 7 jours sur 7. Tel-jeunes (1 800 263-2266) répond aux jeunes, aux mêmes heures.

Votre adolescente ou votre adolescent joue

Pour les achats dans les jeux, voir la page sur les loot boxes, lots aléatoires des jeux vidéo.

L'article de Jeu : aide et référence sur les adolescents et les jeux vidéo (16 février 2022) donne des repères qui valent aussi pour d'autres formes de jeu :

  • garder le dialogue ouvert : les punitions seules rendent le jeune moins ouvert au changement;
  • s'intéresser à ce que le jeu lui apporte et ne pas blâmer l'appareil : débrancher la console ne règle pas les causes;
  • nourrir la vie hors écran et fixer des règles claires plutôt qu'une interdiction totale;
  • demander de l'aide extérieure quand le dialogue est rompu. Les centres de réadaptation en dépendance soutiennent les jeunes et leurs parents.

Les risques des paris sportifs en ligne sont décrits dans une autre page.

Votre père ou votre mère joue

Vous êtes l'enfant adulte de cette personne : votre rôle est plus délicat, parce qu'elle est adulte et libre de ses décisions. Quelques repères :

  • Vos inquiétudes sont légitimes, mais vous n'avez pas à tout régler. Le service de soutien à l'entourage[2] s'adresse aux parents, enfants, amis et conjoints de 18 ans et plus.
  • Si votre parent devient inapte (maladie, perte d'autonomie), un mandat de protection peut exister. Selon Québec.ca[10] (page en anglais), c'est un document où une personne nomme des proches de confiance pour s'occuper de ses affaires personnelles et financières si elle devient inapte. Québec.ca ne dit pas que le jeu rend une personne inapte. Pour savoir si cela concerne votre situation, adressez-vous à un notaire ou à une avocate. Les signes à surveiller (dont un médicament contre la maladie de Parkinson), la démarche en 8 étapes et les protections légales sont dans la page sur les aînés et le jeu d'argent.

Quand la personne refuse d'en parler

Elle peut nier, se fâcher ou changer de sujet. C'est fréquent, y compris chez ce que l'on appelle souvent, dans le langage courant, un « joueur compulsif ». Jeu : aide et référence décrit le changement comme un processus par étapes : au début, la personne ne reconnaît pas encore le problème. L'organisme invite à adapter l'approche à l'étape où elle se trouve. Six questions sur ce que vous observez, et sur vous, sont proposées dans notre questionnaire pour l'entourage.

  • Ne forcez pas, laissez la porte ouverte (« Quand tu voudras en parler, je suis là ») et continuez de vous protéger : votre démarche ne dépend pas de la sienne.
  • Faites connaître les services sans pression.

Si la personne est prête à agir, demandez-lui ce qu'elle envisage de faire, plutôt que de lui dicter une marche à suivre.

Prendre soin de soi

Vivre avec le jeu d'un proche use. Votre propre détresse est une raison suffisante de demander de l'aide, même si votre proche n'en demande pas.

  • Soutien à l'entourage de Jeu : aide et référence : une série de rencontres avec une personne intervenante, par téléphone ou en visioconférence, pour vous soutenir, vous informer et vous outiller. Le service est gratuit et joignable au 1 800 461-0140 (514 527-0140 à Montréal) ou par clavardage sur aidejeu.ca.
  • Gam-Anon : programme d'entraide pour la famille et les amis de personnes qui ont un problème de jeu, que ces personnes demandent de l'aide ou non. Selon le répertoire du 211[12], il est offert en français, en anglais et en espagnol, gratuitement (contribution volontaire), avec une ligne au 450 678-0897 (région de Montréal). Les lieux et les heures des réunions ne sont pas indiqués : appelez pour les connaître. Les réunions en ligne, l'offre au Québec et le déroulement sont décrits dans la page sur Gam-Anon et Gamblers Anonymes.
  • Les centres de réadaptation en dépendance ont généralement un volet pour l'entourage. Selon Jeu : aide et référence, il offre gratuitement des services professionnels aux proches, que la personne qui joue soit en traitement ou non. La page sur les centres de réadaptation par région donne les coordonnées.
  • Info-Social 811 : si vous êtes à bout, ce service de consultation psychosociale est ouvert 24 h sur 24.

Quand la sécurité est en jeu

Jeu : aide et référence précise que, s'il y a un risque de violence ou d'abus, il faut d'abord veiller à la sécurité de toutes les personnes concernées.

  • SOS violence conjugale : 1 800 363-9010, 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Texto au 438 601-1211. Clavardage sur sosviolenceconjugale.ca[13].
  • En danger immédiat : 911.
  • Idées suicidaires, chez vous ou chez votre proche : 9-8-8, par appel ou texto.

Besoin d'aide?

Vous êtes inquiet ou inquiète pour une personne qui joue, ou vous êtes à bout? Ces services sont gratuits et confidentiels.

  • Jeu : aide et référence : 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24 (514 527-0140 à Montréal et environs). Clavardage sur aidejeu.ca[1]. Le service s'adresse aussi à l'entourage.
  • Info-Social 811 : service de consultation psychosociale, 24 h sur 24.
  • 9-8-8 : vous êtes en détresse ou vous pensez au suicide? Le service répond par appel ou texto, 24 h sur 24.

Vos questions

Faut-il attendre que mon proche demande de l'aide pour agir?

Non. Vous pouvez agir pour vous dès maintenant : appeler Jeu : aide et référence, vous informer, protéger l'argent du ménage. Vous ne pouvez pas contraindre un adulte à se faire soigner, mais votre démarche peut faire une différence, et elle reste utile même s'il refuse d'abord.

Dois-je payer les dettes de jeu de ma conjointe ou de mon conjoint?

Jeu : aide et référence conseille de ne pas le faire, parce que cela finance le jeu et prolonge le problème. Sur le plan légal, la réponse dépend de votre statut (marié, de fait) et de la façon dont la dette a été contractée : à un seul nom ou à deux, solidaire ou non. Consultez un notaire ou une avocate, ou une ACEF pour le budget.

Puis-je faire inscrire mon proche à l'autoexclusion?

Non : c'est une démarche volontaire que la personne fait elle-même. Vous pouvez lui en parler et l'accompagner : voir les étapes pour s'autoexclure.

Mon proche a une rechute. Tout est-il à recommencer?

Pas forcément. Jeu : aide et référence distingue l'écart, un retour bref au jeu qui fait partie du processus, de la rechute. Dans les deux cas, il s'agit de comprendre ce qui s'est passé. La déception est normale, et la confiance revient lentement. Reconnaissez ce que votre proche a déjà fait, et demandez du soutien pour vous aussi.

Sources

  1. Jeu : aide et référence, accueil (soutien à l'entourage, numéros, clavardage), consultée le 24 octobre 2026 : https://www.aidejeu.ca/
  2. Jeu : aide et référence, « Service de soutien à l'entourage » (public visé, rencontres par téléphone ou visioconférence, gratuité), consultée le 24 octobre 2026 : https://aidejeu.ca/obtenir-de-laide/dependance-risque-suicidaire-soutien-proches/
  3. Jeu : aide et référence, « Comment aider un joueur excessif? » (15 janvier 2020) : https://aidejeu.ca/articles/comment-un-proche-peut-aider-un-joueur-excessif/
  4. Jeu : aide et référence, « Protéger l'entourage d'un joueur excessif » (17 février 2020) : https://aidejeu.ca/articles/comment-proteger-l-entourage-d-un-joueur-excessif/
  5. Jeu : aide et référence, « Jeux vidéo : comment aider un adolescent à reprendre le contrôle? » (16 février 2022) : https://aidejeu.ca/articles/jeux-video-aider-adolescent-reprendre-controle/
  6. Tel-jeunes Parents (numéro et heures), consultée le 24 octobre 2026 : https://www.teljeunes.com/fr/parents
  7. Québec.ca, « Alcool, autres drogues et jeu » (mise à jour : 4 décembre 2020) : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/alcool-drogues-jeu
  8. Éducaloi, « Les régimes matrimoniaux : les règles d'administration et de partage des biens des époux » (besoins courants de la famille) : https://educaloi.qc.ca/capsules/les-regimes-matrimoniaux-les-regles-dadministration-et-de-partage-des-biens-des-epoux/
  9. Éducaloi, « Dépenses et dettes lors d'une séparation : qui paie quoi? » (dettes à un seul nom) : https://educaloi.qc.ca/capsules/les-depenses-et-les-dettes-a-la-separation-des-conjoints/
  10. Québec.ca, « Protection mandate » (mandat de protection, en anglais) : https://www.quebec.ca/en/justice-and-civil-status/legal-protection/protection-mandate
  11. 211 Québec, ACEF : https://www.211qc.ca/emploi-et-revenu/gerer-finances-personnelles-grace-acef
  12. 211 Québec régions, fiche Gam-Anon (en anglais) : https://www.211quebecregions.ca/record/QBC0335?Ln=en-CA
  13. SOS violence conjugale : https://sosviolenceconjugale.ca/
  14. Québec.ca, Info-Social 811 : https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811
  15. 9-8-8, ligne d'aide en cas de crise de suicide : https://988.ca/fr

Vous ou un proche jouez trop?

Des services gratuits et confidentiels, pour les personnes qui jouent comme pour leur entourage.

Appeler 1 800 461-0140

Jeu : aide et référence, 24 h sur 24. Montréal et environs : 514 527-0140

Écrire Clavardage

Avec une personne intervenante de Jeu : aide et référence.

Se protéger Autoexclusion

Bloquer son accès aux casinos, aux salons de jeux et au jeu en ligne de Loto-Québec, de 3 mois à 5 ans.