- Le terme recommandé au Québec est lot aléatoire. L'OQLF déconseille « coffre à butin », un calque de l'anglais loot crate.
- Avec une probabilité affichée de 1 % par ouverture, il faut en moyenne 100 ouvertures pour obtenir l'objet. Après 100 ouvertures, 37 % des personnes ne l'ont toujours pas.
- Une enquête auprès de 46 672 élèves du secondaire québécois montre que les lots aléatoires sont achetés, dans les 30 derniers jours, par 24,4 % des jeunes ayant un problème de jeu élevé, contre 7,0 % de ceux qui n'en ont pas.
- Les études montrent un lien entre les dépenses en lots aléatoires et le jeu problématique. Elles ne montrent pas lequel entraîne l'autre.
Qu'est-ce qu'un lot aléatoire (loot box)?
Selon l'OQLF, un lot aléatoire est un produit virtuel qu'une personne peut acquérir contre de l'argent ou de la monnaie virtuelle. Il contient une sélection aléatoire de biens virtuels, dont la nature n'est révélée qu'après l'achat. Selon le jeu, ces biens peuvent être de simples éléments décoratifs ou avoir une incidence sur la progression dans le jeu (OQLF, fiche « lot aléatoire »[1], 2019).
L'OQLF donne aussi « pochette-surprise » comme synonyme. En anglais, on trouve loot box, loot crate, mystery box et gacha box. Cette page emploie « lot aléatoire » et garde loot box entre parenthèses, parce que c'est le mot que la plupart des gens tapent pour chercher.
Ces achats font partie de ce qu'on appelle les microtransactions : de petits paiements faits à l'intérieur d'un jeu. Un lot aléatoire coûte souvent peu à l'unité. Le total, lui, dépend du nombre d'ouvertures.
Loot box et jeu d'argent : ce qui se ressemble
Un jeu de hasard et d'argent réunit trois éléments : une mise, le hasard et un gain possible. Ces critères et la définition du Code criminel sont détaillés dans la page sur les jeux de hasard et d'argent. Voici comment un lot aléatoire se compare à une machine à sous.
| Élément | Jeu de hasard et d'argent | Lot aléatoire |
|---|---|---|
| Mise d'argent réel | Oui | Oui, directement ou par une monnaie virtuelle achetée |
| Résultat tiré au hasard | Oui | Oui, selon la définition de l'OQLF |
| Résultat inconnu avant l'achat | Oui | Oui |
| Gain en argent | Oui | En général non : le contenu ne peut pas être converti en argent |
| Réglementation de l'âge et de la protection | Oui | Variable selon les pays |
La ligne du gain est celle qui oppose le plus les autorités. Le gouvernement du Royaume-Uni, par exemple, a écrit en 2022 que la plupart des lots aléatoires ne répondent pas à la définition du jeu de hasard de sa loi. La raison : le contenu ne peut pas être converti en argent (gouvernement du Royaume-Uni, 2022[6]). Le régulateur belge des jeux, lui, a estimé en 2018 que les lots aléatoires achetés avec de l'argent réel relèvent des jeux de hasard (RTBF, 25 avril 2018[7]).
Même sans gain en argent, la mécanique de l'achat répété est comparable : on paie pour une chance d'obtenir un objet rare, et un résultat décevant donne souvent envie de réessayer.
Combien coûte un objet rare? Le calcul
Beaucoup de jeux affichent la probabilité d'obtenir un objet rare. Cette probabilité s'applique à chaque ouverture, et chaque ouverture est indépendante des précédentes (comme pour une machine à sous, un tirage ne tient pas compte des précédents).
Hypothèse de calcul : une probabilité de 1 % par ouverture, soit 0,01. Les prix de 2 $ et de 5 $ par ouverture sont des exemples, pas des prix relevés dans un jeu.
Nombre moyen d'ouvertures : 1 ÷ 0,01 = 100 ouvertures.
| Prix par ouverture (exemple) | Coût moyen de l'objet (100 ouvertures) |
|---|---|
| 2 $ | 200 $ |
| 5 $ | 500 $ |
Un coût moyen ne garantit rien. À chaque ouverture ratée, la probabilité de ne pas avoir l'objet est multipliée par 0,99.
- Après 10 ouvertures : 90,4 % de ne pas l'avoir (0,99 multiplié 10 fois par lui-même).
- Après 69 ouvertures : 50 %. On a une chance sur deux de l'avoir, pour un coût de 138 $ à 2 $ l'ouverture.
- Après 100 ouvertures : 36,6 %. Un peu plus d'une personne sur trois n'a toujours pas l'objet, même après avoir dépensé 200 $ (à 2 $).
- Après 230 ouvertures : 9,9 % de ne pas l'avoir. Il faut aller jusque-là pour avoir 90 % de chances de l'obtenir, ce qui coûte 460 $ à 2 $ l'ouverture et 1 150 $ à 5 $.
- Après 459 ouvertures : 1 % de ne pas l'avoir (918 $ à 2 $ l'ouverture).
Ces résultats supposent que la probabilité affichée est exacte et ne change pas. Une étude suisse citée par le Groupement romand d'études des addictions (GREA) rapporte que, dans certains cas, le contenu serait ajusté selon le comportement de la personne, ce qui le rendrait « faussement aléatoire » (GREA, fiche Loot boxes[10]). Cela n'est pas démontré pour un jeu précis.
Ce que dit la recherche
Un lien avec le jeu problématique
En 2018, Zendle et Cairns ont interrogé 7 422 joueuses et joueurs. Les dépenses en lots aléatoires étaient liées à la gravité des problèmes de jeu, et ce lien était plus fort que celui observé pour les autres achats dans les jeux (Zendle et Cairns, PLOS ONE, 2018[3], en anglais). Une étude de 2019 auprès de 1 155 jeunes de 16 à 18 ans a trouvé un lien modéré à fort (Zendle et collab., Royal Society Open Science, 2019[4], en anglais).
Une synthèse de Spicer et collab. a regroupé 13 publications : 12 montraient un lien positif, d'une force modérée (corrélation de 0,27 sur 1) (Spicer et collab., New Media & Society, 2021[5], en anglais).
Limite importante : ces études comparent des personnes à un moment donné. Elles ne permettent pas de dire si les lots aléatoires poussent vers le jeu problématique, ou si les personnes qui ont déjà un problème de jeu en achètent davantage. Le gouvernement du Royaume-Uni arrive à la même conclusion : les études trouvent toujours un lien, mais aucune ne montre que l'un cause l'autre.
Les élèves du secondaire au Québec
Une affiche scientifique de l'équipe du Centre de recherche en santé durable VITAM et de l'Université Laval, publiée sur le site de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), utilise les données de l'enquête COMPASS-Québec de 2025 : 46 672 élèves du secondaire dans 12 régions (Hudon et collab., 2025[2]).
| Gravité des problèmes de jeu de hasard et d'argent | Ont acheté un lot aléatoire dans les 30 derniers jours | Parmi les acheteurs : dépense de plus de 150 $ en 30 jours |
|---|---|---|
| Aucun problème | 7,0 % | 11,5 % |
| Gravité faible à modérée | 13,0 % | 13,2 % |
| Gravité élevée | 24,4 % | 43,9 % |
Le temps de jeu compte aussi : 4,2 % des élèves qui jouent une heure ou moins par jour ont acheté un lot aléatoire dans les 30 derniers jours, contre 23,9 % de ceux qui jouent plus de 3 heures. L'achat était aussi plus fréquent chez les jeunes ayant un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) (13,9 % contre 8,0 %), et chez les jeunes dont la famille est moins aisée.
Ces données viennent d'un questionnaire, à un seul moment. Elles montrent un lien, pas une cause. Pour savoir comment reconnaître un problème de jeu, consultez la page sur le trouble lié au jeu.
Ce que dit la loi au Canada et au Québec
Au Canada, le Code criminel encadre les jeux de hasard et d'argent. Des actions collectives soutiennent que les lots aléatoires y contreviennent. Voici l'état des dossiers. Ce sont des allégations et des décisions de tribunaux, pas des constats généraux.
- Colombie-Britannique. Le 14 mars 2023, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé qu'une demande contre un éditeur pouvait aller de l'avant sur le terrain des pratiques trompeuses de la loi sur la protection du consommateur. Elle n'a pas retenu l'argument selon lequel les lots aléatoires seraient du jeu illégal au sens du Code criminel (Slater Vecchio, communiqué du 15 mars 2023[11], cabinet des demandeurs). L'action a ensuite été autorisée (« certifiée », dans le vocabulaire de la Colombie-Britannique) le 5 décembre 2024, selon le même cabinet. En juin 2026, la Cour d'appel de la Colombie-Britannique a rejeté l'appel de l'éditeur et l'appel incident du demandeur, selon un commentaire juridique publié le 10 juin 2026 (Litigate, sur Mondaq[12]).
- Québec. Une demande d'autorisation d'action collective est déposée à la Cour supérieure, dans le district de Montréal (dossier 500-06-001132-212). Elle vise plusieurs éditeurs et cite le Code criminel, la Loi sur la protection du consommateur du Québec et le Code civil du Québec. Le groupe proposé réunit les clientes et clients du Québec qui ont payé pour des lots aléatoires depuis 2008 dans une liste de jeux annexée à la demande (demande modifiée, Slater Vecchio[13]). Aucun jugement d'autorisation n'a été trouvé. À cette étape, le tribunal ne fait que vérifier si le dossier peut aller de l'avant.
Aucune position publiée sur les lots aléatoires n'a été trouvée du côté de la Régie des alcools, des courses et des jeux ni de l'Office de la protection du consommateur.
Et ailleurs dans le monde?
Les réponses varient. Voici ce que des sources officielles ou des décisions rapportent, au 24 octobre 2026.
| Pays | Ce qui a été décidé |
|---|---|
| Belgique | En avril 2018, l'organisme belge de contrôle (Commission des jeux de hasard) range parmi les jeux de hasard les lots aléatoires payés avec de l'argent réel. Les lots obtenus en jouant ne sont pas visés. Des sanctions pénales étaient évoquées si les éditeurs ne se conformaient pas. |
| Pays-Bas | Le 9 mars 2022, le Conseil d'État a annulé l'astreinte imposée par l'autorité des jeux à l'éditeur d'un jeu de football. Selon lui, l'ouverture des paquets n'est pas un jeu à part : elle fait partie d'un jeu d'adresse, et la revente des paquets reste relativement limitée (Conseil d'État[8]). |
| Royaume-Uni | En juillet 2022, le gouvernement a choisi de ne pas modifier la loi sur les jeux. Il demande des protections par l'industrie : achats indisponibles aux enfants sauf activation par un parent, contrôles de dépenses pour tous. |
| Chine | Selon des chercheurs, c'est le seul pays à exiger par la loi l'affichage des probabilités. Une étude de 2021 juge l'application faible (Xiao et collab.[9], en anglais). |
Un même mécanisme est donc traité tantôt comme un jeu de hasard, tantôt comme un élément d'un jeu vidéo. Chaque décision dépend de la loi du pays.
Repères pour les parents
Des jeunes du Québec achètent des lots aléatoires (voir plus haut). Voici ce qui est possible sur les principales consoles. Les menus changent : suivez le lien de chaque fabricant.
- PlayStation. Dans la gestion de la famille, vous fixez une limite mensuelle de dépenses. Elle est à 0 par défaut. Les achats de l'enfant sont prélevés sur le porte-monnaie de la personne qui gère la famille (PlayStation Canada[14]).
- Xbox et Microsoft. Dans « Gérer les dépenses », vous pouvez exiger l'approbation de chaque achat (une carte de crédit doit être liée au compte de l'enfant) et être informé de chaque achat. Si vous ajoutez de l'argent au compte de l'enfant, ce montant devient sa limite : le solde ne peut pas être négatif, ce qui revient à une sorte de carte prépayée (Microsoft[15]).
- Nintendo. À partir du compte du parent, vous pouvez bloquer les achats et les renouvellements automatiques d'un compte supervisé dans la boutique en ligne (Nintendo[16]).
- Repérer les lots aléatoires. L'Entertainment Software Rating Board (ESRB), organisme nord-américain qui attribue les cotes de jeux, utilise la mention « In-Game Purchases (Includes Random Items) » (achats dans le jeu, y compris des objets aléatoires) pour les jeux qui vendent des objets dont le contenu est inconnu avant l'achat (ESRB[17]).
Pour en parler avec votre enfant : demandez si des lots aléatoires ont été achetés, ce que votre enfant en pense, et regardez ensemble le relevé de dépenses. Pour reconnaître un usage problématique du jeu vidéo et trouver des services d'aide, voyez la page sur la cyberdépendance.
Besoin d'aide?
Les achats de lots aléatoires vous préoccupent, ou une personne de votre entourage? Ces services sont gratuits et confidentiels.
- Jeu : aide et référence : 1 800 461-0140, sans frais, 24 h sur 24 (514 527-0140 à Montréal et environs).
- Info-Social 811 : service de consultation psychosociale, 24 h sur 24.
- 9-8-8 : vous êtes en détresse ou vous pensez au suicide? Le service répond par appel ou texto, 24 h sur 24.
Vous n'avez pas à attendre d'avoir « un vrai problème » pour appeler.
Vos questions
Les lots aléatoires sont-ils illégaux au Québec?
Aucune loi ni aucun jugement québécois ne les déclare illégaux. Une demande d'action collective est en cours d'autorisation et soutient le contraire. Ce sont des allégations.
Un lot aléatoire peut-il mener à un trouble lié au jeu?
Les études montrent un lien entre les dépenses en lots aléatoires et le jeu problématique, mais elles ne prouvent pas la cause. Si vous remarquez des signes (dépenses cachées, perte de contrôle), voyez la page sur le trouble lié au jeu.
Les probabilités doivent-elles être affichées?
Aucune loi canadienne qui l'exige n'a été trouvée. Seule la Chine, selon des chercheurs, l'impose par la loi, avec une application inégale.
Mon enfant a dépensé beaucoup dans un jeu : que faire?
Parlez-en calmement, puis activez les limites de dépenses de la console. Les règles de remboursement varient selon la plateforme. Pour du soutien, appelez Jeu : aide et référence au 1 800 461-0140.
Sources
- OQLF, Vitrine linguistique, fiche « lot aléatoire » (2019) : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26552593/lot-aleatoire
- Hudon, F., Haddad, S., Bélanger, R. et Turcotte-Tremblay, A.-M., L'achat de lots aléatoires (loot boxes) dans les jeux vidéo et les adolescents du Québec, affiche, INSPQ (2025) : https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/jasp/archives/2025/26_loot-boxes.pdf
- Zendle, D. et Cairns, P. (2018), PLOS ONE (en anglais) : https://eprints.whiterose.ac.uk/139116
- Zendle, D., Meyer, R. et Over, H. (2019), Royal Society Open Science, 6(6), 190049 (en anglais) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6599795
- Spicer, S. G. et collab. (2021), New Media & Society, 24(4), 1001-1022 (en anglais) : https://www.open-access.bcu.ac.uk/14466
- Gouvernement du Royaume-Uni, réponse à l'appel à données sur les loot boxes (juillet 2022) (en anglais) : https://www.gov.uk/government/calls-for-evidence/loot-boxes-in-video-games-call-for-evidence/outcome/government-response-to-the-call-for-evidence-on-loot-boxes-in-video-games
- RTBF, « La Belgique considère que les loot boxes dans les jeux vidéo sont des jeux de hasard » (25 avril 2018) : https://www.rtbf.be/article/la-belgique-considere-que-les-loot-boxes-dans-les-jeux-video-sont-des-jeux-de-hasard-9901428
- Raad van State (Pays-Bas), décision du 9 mars 2022 (en néerlandais) : https://www.raadvanstate.nl/@130206/dwangsom-onterecht-opgelegd-loot-boxes/
- Xiao, L. Y. et collab., Gaming the system, étude sur la divulgation des probabilités en Chine (en anglais) : https://durham-repository.worktribe.com/output/1238986/gaming-the-system-suboptimal-compliance-with-loot-box-probability-disclosure-regulations-in-china
- GREA, fiche Loot boxes : https://www.grea.ch/sites/default/files/factsheet_loot_boxes_v2.1.pdf
- Slater Vecchio, communiqué sur la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique (15 mars 2023) (en anglais) : https://www.newswire.ca/news-releases/bc-supreme-court-says-loot-box-claim-may-proceed-803161241.html
- Litigate, « New level unlocked: loot box class action survives appeal » (10 juin 2026) (en anglais) : https://www.mondaq.com/canada/consumer-law/1801068/new-level-unlocked-loot-box-class-action-survives-appeal
- Cour supérieure du Québec, dossier 500-06-001132-212, demande d'autorisation modifiée (en anglais) : https://slatervecchio.com/wp-content/uploads/2024/10/loot-boxes-re-amended-application-for-authorization.pdf
- PlayStation Canada, limites de dépenses : https://www.playstation.com/fr-ca/support/account/ps5-parental-controls-spending-limits/
- Microsoft, limites de dépenses dans Family Safety : https://support.microsoft.com/fr-FR/family-safety/spending-limits-in-family-safety
- Nintendo, restrictions d'achat dans la boutique en ligne (en anglais) : https://www.nintendo.com/au/support/articles/how-to-set-nintendo-eshop-restrictions/
- ESRB, guide des cotes (en anglais) : https://www.esrb.org/ratings-guide/
- Jeu : aide et référence : https://www.aidejeu.ca/
- Québec.ca, Info-Social 811 : https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-social-811
- 9-8-8, ligne d'aide en cas de crise de suicide : https://988.ca/fr

Comprendre le jeu
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